L’origine du phénomène :

Tout a commencé avec la crise des subprimes de 2008 aux Etats-Unis comme nous indique Danny Bradbury dans sa recherche scientifique « The Problem with Bitcoin ».

Ces prêts immobiliers ont fait leur apparition dans les années 2000 sur le territoire américain et étaient destinés aux personnes non éligibles à un emprunt immobilier classique. Mais les institutions financières et divers investisseurs trouvent un intérêt particulier pour ces titres financiers à rendement élevés, c’est le début de l’accumulation des crédits hypothécaires, appelé la titrisation.

Courant 2006, les prix du marché immobilier s’effondrent alors que les taux directeurs remontent ce qui conduit inévitablement à un manque de ressources de la part des créditeurs, beaucoup d’entre eux se voient dans l’impossibilité d’honorer leurs mensualités. Nous assistons donc à une saisie de masse des biens immobiliers.

Cette tendance néo-libérale s’était déjà clairement affichée depuis peu avec la suppression des barrières entre les banques commerciales et les banques d’investissement. Leur permettant donc de fusionner et spéculer pour leur propre compte.

Cette crise s’étend vite à travers le monde et affecte l’économie globale du fait de la mondialisation de notre économie. Bien que ces crédits subprimes ont été uniquement accordés à des individus américains, les banques européennes n’avaient pas hésité à investir dans ces placements à fort rendement. Avec l’exemple de la BNP Paribas qui a annoncé peu après, le gel de trois fonds adossés sur des contrats subprimes, d’un montant total de 2 milliards d’euros. Les banques restreignent donc l’accès au crédit pour retrouver un ratio de solvabilité, ce qui a une répercussion sur l’économie réelle. De ce fait, les ménages réduisent leur consommation et les entreprises ont plus de mal à investir.

Durant et après ces événements, nous observons une perte de confiance notable envers les institutions financières de la part de la population globale.

Le FMI affirmera cette tendance dans un article de juin 2018 (“Monetary Policy in the digital age” FMI nommé “La politique monétaire à l’ère du numérique” et explique que « La crise financière mondiale et le renflouement des grandes institutions financières ont ravivé le scepticisme dans certains milieux au sujet du monopole des banques centrales sur l’émission de monnaie. Ce scepticisme a alimenté la création de Bitcoin et d’autres actifs cryptographiques, ce qui a remis en question le paradigme des monnaies soutenues par l’État et le rôle dominant des banques centrales et des institutions conventionnelles dans le système financier. »

Cette crise n’est que le reflet d’un sentiment grandissant déjà depuis plusieurs années. Entre les lobbyings financiers dérisoires, la manque de transparence des institutions financières et gouvernementales, les pratiques des banques peu orthodoxes pour leur propre profit, la confiance se dilapide.

Le peuple commence donc à se poser des questions sur l’abus de pouvoir des institutions financières. C’est donc suite à ce sentiment grandissant, que le Bitcoin et la blockchain sont nés.

Satoshi Nakamoto, le créateur :

Toujours en 2008 et en en pleine crise économique, un anonyme se nommant Satoshi Nakamoto publie un document d’une vingtaine de pages sur internet, expliquant son projet de création d’une monnaie virtuelle et décentralisée. Il le résume lui-même par ces quelques mots : « J’ai essayé de travailler sur un système de paiement complètement pair-à-pair, en supprimant tout intermédiaire ou ‘’tiers de confiance’’ » « la double dépense est rendue impossible au sein d’un réseau pair à pair avec validation. Il n’y a donc plus besoin de tiers de confiance » (Satoshi Nakamoto, 2008).

De nombreuses théories plus ou moins complotistes ont émergé concernant ce développeur anonyme et certains sont prêt à affirmer qu’il s’agirait d’Elon Musk. Nous savons qu’un groupe de développeurs est à la base du projet mais que le noyau central de l’opération est une personne au pseudonyme de “Satoshi Nakamoto”.  La première blockchain est née.

Lorsque Satoshi Nakamoto ouvre la blockchain publique Bitcoin officiellement, il mentionne un titre de journal dans le premier bloc de la blockchain « The Times 03/Jan/2009 Chancellor on brink of second bailout for banks »(Satoshi Nakamoto, 2008). Il s’agit de la quotidienne britannique de The Times daté du 3 Janvier et dont le titre français serait : « Le chancelier au bord du second plan de sauvetage pour les banques » (The New York Times, 2008). Les experts s’expriment à plusieurs reprises concernant cette mention et affirment que c’est un moyen de dater officiellement le lancement de la blockchain, tout en affichant clairement une idéologie « révolutionnaire » contre le système financier actuel, et tout particulièrement des banques.

Premiers pas sur le marché

Au début de cette nouvelle ère de l’économie distribuée, la célèbre crypto-monnaie est confronté à plusieurs obstacles quant à son utilisation. Des utilisateurs malveillants utilisent la fonctionnalité d’anonymat du  bitcoin pour effectuer des transactions illégales, notamment par l’intermédiaire du dark-net ou les dealers, trafiquants d’armes et business illégaux en tout genre prédominent. A cette époque le Bitcoin est régulièrement mentionné dans les médias comme « la monnaie de la drogue, des armes et du sexe illégal sur internet » et sa réputation s’en voit altérée dans l’esprit du grand public.

La rapidité de transactions et le caractère anonyme de la monnaie auraient attiré les partie-prenantes de l’économie souterraine et auraient trouvé en lui, un outil de paiement complètement adapté à leur « besoins ». Cette tendance continue jusqu’en 2013 et est notamment marqué par l’histoire Silk Road, un des plus gros marchés noirs de l’époque présent sur le darknet où la majorité des transactions auraient été effectuées en bitcoin. Fin 2013 le FBI arrête 17 personnes soupçonnées d’être des acteurs majeurs du réseaux Silk Road, ce qui conduira son créateur Ross William Ubricht à la prison à perpétuité. Cet événement rassure le peuple quant à l’anonymat du Bitcoin et montre à tous que ces utilisateurs sont loin d’être intouchables.

En effet, la crypto-monnaie n’est pas anonyme mais utilise des pseudonymes. Une des caractéristiques fondamentales du Bitcoin est la traçabilité et la transparence. Chaque transaction est enregistrée dans la blockchain bitcoin de façon immuable et accessible de tous. Bien évidemment ce n’est pas votre nom qui sera inscris mais votre adresse de portefeuille, une longue suite de lettre, d’où le caractère anonyme du réseau. Cependant il est tout à fait possible de retrouver l’identité d’une personne à partir de son adresse de portefeuille pour un expert informatique ou toute entité judiciaire spécialisée.

Pour mettre fin à cette réputation de « monnaie illégale » Marc Andreesen, fondateur du premier réseau de navigation web de crypto-monnaie adresse au New York Times une interview équivoque et cite : ‘A tous ceux qui crient que le bitcoin ne sert que de paradis aux activités criminelles ou terroristes, ou que l’on peut transférer de l’argent sous couverture d’anonymat, vous n’y connaissez rien car c’est un mythe. Bitcoin fonctionne comme le mail qui est aisément traçable car il est sous forme de pseudonyme et non pas anonyme. De plus, chaque transaction sur le réseau est tracée et inscrite dans la blockchain bitcoin, un registre inaltérable et visible par tous. Finalement, le bitcoin est beaucoup plus facile à suivre pour les forces de l’ordre que le cash, l’or ou même les diamants. Il est bien plus discret d’acheter sa drogue en cash qu’en crypto-monnaies ».

Peu de temps après, Les Echos nous révèles que seulement 3 à 6% des transactions en bitcoin seraient de nature illégale en 2016 contre près de 40 à 50% au début de la création de la monnaie et jusqu’en 2013. Le marché mûrit et se diversifie, la majorité des transactions ont désormais un but spéculatif. Les malfrats 2.0 ont laissé place aux cols blancs qui voient le Bitcoin comme un instrument de spéculation idéale, notamment du fait de sa non-régulation.

De nombreuses pratiques interdites sur les marchés traditionnels et régulés sont très présentes sur le marché des crypto-monnaies. Il est relativement facile pour une personne disposant d’un capital élevé de manipuler les cours d’une crypto-monnaie et d’en tirer un maximum de bénéfice au profit des petits investisseurs. Le secteur des crypto-monnaies est certes en expansion, il y a de très bonnes opportunités d’investissement et il est vrai qu’il a rendu riche, très riche de nombreuses personnes. Mais ne vous leurrez pas, il en a aussi rendu d’autres très pauvres. S’il y a un gagnant, il y a un perdant.

C’est pour cela qu’il est nécessaire de faire ces propres recherches sur le sujet avant d’envisager un quelconque investissement. Ça tombe plutôt bien, vous êtes au bon endroit !


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