Les fonctionnalités de la blockchain Bitcoin, bien que révolutionnaires sont limitées car elles résident uniquement dans l’échange de valeur comme nous allons le détailler dans le chapitre suivant. Suite à cette réflexion, un jeune prodige de la programmation informatique de 19 ans, Vitalik Butterin lance sa propre blockchain, l’Ethereum. En plus de la fonctionnalité d’échange, ce jeune développeur ajoute la possibilité d’y créer des contrats intelligents non restreints par le code de programmation, à l’inverse du Bitcoin.

Le smart contract

Le principe est simple, comme nous l’explique Sinclair Davidson dans son étude « Blockchain and the economic institutions of capitalism » à propos de l’Ethereum. Demain vous voulez signer un contrat avec une personne en Chine et vous êtes en France. Vous devez lui verser une certaine somme d’argent pour un service, il est préférable de passer par un tiers de confiance pour être sûr qu’il répond à ces obligations et ne s’envole pas avec votre argent. C’est le but du contrat intelligent.

Reprenons notre exemple, vous postez votre smart-contract sur le réseaux Ethereum et le programmez de façon à ce que 20€ soit immédiatement débités de votre compte lorsque vous aurez reçu un service de community management. Vous n’aurez pas besoin de vérifier que le travail a été correctement fait. En effet votre fournisseur de service, une fois le service rendu, ira entrer toutes les informations nécessaires pour prouver qu’il a bien rendu le service en comparaison à vos attentes clairement indiqué dans le smart contract. Le contrat sera alors vérifié par plusieurs utilisateurs travaillant pour le réseaux Ethereum, ils seront rémunérés en Ether (la crypto-monnaie utilisée sur la blockchain Ethereum) pour ce service.

De ce fait, la première personne va vérifier l’exécution du contrat et approuver ou non son exécution. Plusieurs autres tiers indépendants devront valider la décision du premier vérificateur pour que le contrat soit exécuté. Ces smart-contracts ont l’avantages d’être souples. Une partie-prenante mécontente peut redemander une vérification ou encore ajouter des preuves du travail rendu. Il est également possible de lier plusieurs contrats ensemble, les possibilités de création et de développement étant illimitées.

Ils fournissent donc un élément de confiance entre deux individus et représentent l’adaptation des contrats papiers. Leur but étant de lier légalement les deux parties en programmant le smart contract et la définition des obligations des deux parties exploitées sous le language de programmation Solidity.

Les formes de codage

La forme du codage nous est apporté par le tabloid CanardCoinCoin et se trouve être relativement simple et logique, ils se construit comme ci-dessous :
– IF/WHEN tu me fournis le service X, ALORS je t’envoie la somme d’ether Z
– IF/WHEN Je termine le travail, ALORS la somme d’ether sera à moi
– IF/WHEN le service ne me convient pas (définition de non-convenance), ALORS l’argent me sera retourné

Le mot de la CIA

En résumé, cette technologie est novatrice pour plusieurs critères. Premièrement la simplicité de programmation contrairement à un contrat classique. La rédaction d’un contrat classique entraîne l’implication d’une entité juridique qui, pour s’assurer de la légalité du contrat, détaillera un grand nombre de notions juridiques obligatoires. Bien que le principe de codage puisse faire peur aux non-initiés, nous nous rendons très vite compte que c’est à la portée de tous d’écrire « IF/When Je reçois ton produit ALORS je te paie ». La vitesse d’exécution est également largement supérieure à celle d’un contrat papier, tout comme les mises à jour en temps réel. Deuxièmement, nul besoin d’impliquer des tiers extérieurs ou d’entités centralisées qui contribuent souvent à l’augmentation du risque ou des charges. Troisièmement, l’exécution automatique du contrat, la rapidité du paiement et les frais minimes (à hauteur de 0.05$ la transaction en moyenne). Les problèmes relatifs aux retards de paiements n’existent plus. Une personne peut créer un contrat à condition qu’il a l’argent nécessaire sur son portefeuille. Quatrièmement, le contrat est transparent et lisible de tous, sécurisé et le processus est totalement légitime.

Le seul point négatif à noter concernant ces smart-contracts est qu’il est impossible d’annuler un contrat lorsqu’il est envoyé à exécution. Dans l’hypothèse où le contrat a été mal rédigé, cela peut être lourd de conséquence pour son créateur. Le seul moyen aujourd’hui est d’emprunter la voie des tribunaux traditionnels en cas de problème de ce type.


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